Saint-Jean-Baptiste

L’église Saint-Jean-Baptiste de Mézin est très originale de par sa construction massive qui lui donne l’allure d’un château fort plutôt que d’un édifice religieux. Elle est classée à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1840.
L’Eglise Saint-Jean-Baptiste est construite, selon l’opinion la plus répandue, sur l’emplacement d’une villa gallo-romaine, et peut-être sur ceux d’une ou deux églises précédentes. C’est Odilon, illustre abbé de Cluny (Bourgogne) qui fit commencer les travaux qui seront surveillés par l’abbé Hugues, prieur de Cluny.

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C’est en 1077 que l’on trouve la première mention de Mézin et le nom de Sancti Ioanni de Medesiano (puis Medicinum en raison de la pureté de son air) est enregistré dans la bulle du pape Grégoire VII. Autour du prieuré bénédictin, établi par cette bulle, s’est développé Mézin (par contraction).

Les Bénédictins construisirent un Oratoire : une église modeste au plan cruciforme qui s’arrêta d’abord à l’abside et au transept. Le monastère des Bénédictins y est accolé et un cimetière entoure l’ensemble.

Pour achever la construction de l’église, les habitants et les consuls ont fait bâtir de leurs propres deniers le clocher et plus de la moitié de l’église. Elle est donc devenue paroissiale et conventuelle. D’autres travaux ont été effectués durant le 13e siècle.

Les guerres de religion, à la fin du 16e siècle, laisseront des traces profondes : le clocher et les tours de la façade ouest seront démolis, ainsi que le monastère bénédictin. Il semble que les bâtiments conventuels aient été reconstruits. La suppression du Prieuré est décidée en 1788 et les bâtiments servirent de mairie et de tribunal jusqu’à leur destruction par un incendie en 1837.

Des restaurations seront faites aux 17e- 18e et 19e siècles. En 1716, on rénova la toiture après deux procès couteux dûs au financement des travaux : les consuls ne voulaient réparer que la partie réservée à l’église paroissiale… Après un nouveau procès en 1761, on utilisa les pierres de l’église de Saint-Simon en ruine pour réparer Saint Jean de Mézin et en 1809, l’église de Comaleix subit le même sort !

 

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En 1924, le clocher fut la proie d’un violent incendie causé par un court-circuit. Il fut reconstruit avec une ossature de béton.

 À l’intérieur de l’église, un maître-autel néo-gothique du 19e remplace un autel « à la romaine » plus ancien. Il a été très endommagé lors de cet incendie. Il fut donc restauré puis remonté en 1930 par Louis Soulé. Par la suite, les gradins, le tabernacle ainsi que l’autel supérieur sont supprimés.

L’autel présente un plan rectangulaire avec un retour d’équerre sur les côtés. Il compte trois niches sur colonnettes, flanquées de quatre colonnettes libres en façade. Le bâti et les reliefs sont en marbre blanc.

L’iconographie représente les pèlerins d’Emmaüs dans la niche centrale, l’Espérance dans la niche gauche et la Foi dans la niche droite.

(Depuis l’incendie, il manque des éléments au maître-autel, notamment la main bénissante du Christ dans le relief de la Cène.)

 L’église Saint-Jean-Baptiste de Mézin possède un ensemble de deux tableaux (inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1975) en pendant représentant saint Jean et saint Marc. Ils font partie d’une série figurant les quatre évangélistes. Mais saint Luc a disparu avant 1975 et saint Matthieu n’a pas été retrouvé.

Saint Marc est le deuxième des évangélistes, il est représenté par un lion ailé. Quant à saint Jean, il est l’auteur de l’Apocalypse et est représenté par un aigle.

 Deux autres tableaux sont inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1975 :

* une « Vierge à l’Enfant » (ou « Vierge au chapelet » copie du tableau de Murillo, peinte par Maxime David (au Salon de 1834 à 1868).

* une sainte Cécile peinte en 1853 par Hilarion-Charles-Isidore Dumont (au Salon de 1838 à 1849).

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